Plan de l’avenue de la gare, 14 avril 1884

Dressé par le voyer de la Ville de Charlieu

Dressé le 14 avril 1884 par M. Dupont, voyer de la ville de Charlieu, ce plan présente le projet de la future avenue de la gare. Il est soumis au conseil municipal lors de la séance du 20 avril 1884, qui en demande l’approbation par l’administration et son intégration au plan général d’alignement de la ville.

Le document montre le tracé de la nouvelle voie reliant la place Saint-Philibert à la gare en construction. Il identifie les propriétés concernées par les acquisitions foncières, précise les alignements projetés et comporte un profil en long indiquant les largeurs, les pentes et les niveaux de la future avenue.

Plan d’alignement de l’Avenue de la Gare, dressé le 14 avril 1884, conservé aux archives municipales de Charlieu.

Vue du plan de 1884, cliquez sur l’image pour le voir en grand.

Vue aérienne du secteur, capture Géoportail, 2025.

Détail du plan entre le boulevard Thiers (actuel Bvd du Général Leclerc) et la gare de voyageurs.

La partie comprise entre le boulevard Thiers (actuel boulevard Leclerc) et la gare a bien été réalisée, mais avec un léger décalage vers l’est par rapport au projet de 1884. La gare fut finalement construite dans l’axe de cette nouvelle avenue, ce qui explique peut-être les délibérations évoquant une modification de son implantation.

Le plan permet également de reconnaître le passage situé le long du couvent des Capucins. Celui-ci apparaît sur la photographie de Stéphane Geoffray, prise quelques années auparavant. À l’est de l’avenue, la petite grange figurant sur le plan est toujours visible aujourd’hui

A droite de la photo : la petite grange, et le passage qui permettait aux Ursulines de rejoindre leur couvent. Toute la partie à gauche du passage est aujourd’hui percée par l’avenue, et profondément transformée par l’installation postérieure d’une usine textile.
Fonds Stéphane Geoffray conservé à la médiathèque de Roanne

Vue actuelle, capture Google.
La petite grange est juste à l’angle de l’avenue, qui n’a donc pas été réalisée conformément au plan.

Le projet de voie entre le boulevard Thiers (actuel Bvd Leclerc) et la grande rue des Jardins.

Vue actuelle du secteur.

On retrouve facilement les maisons Rivollier (actuellement le restaurant 1980, situé juste dans l’axe de la voie), Debiesse et Collet, ainsi que leurs jardins respectifs, qui auraient dû être détruits pour le percement de l’avenue entre le boulevard Thiers (actuellement Leclerc) et la grande rue des Jardins. Au sud de la grande rue des Jardins, les jardins de la Veuve Guinault (actuel immeuble Clos des Halles) et le clos à M. de Tigny (parc du centre Béthanie) auraient aussi été concernés.

Grande rue des Jardins, vue vers le sud. Ici aurait dû passer l’avenue de la gare, empiétant à la fois sur le clos des Halles (à droite) et sur le centre Béthanie (à gauche). Capture Google.

La partie entre le boulevard Thiers (actuel boulevard du Général Leclerc) et la rue Nationale (actuelle rue Jean Morel), passant par la grande rue des Jardins, n’a pas été réalisée.
On remarque le vestige de canal qui existait encore fin XIXème, qui était à l’origine alimenté par les fossés au nord de la ville, ansi que la pièce d’eau du centre Béthanie, actuellement asséchée.

Partie sud, non réalisée.
La voie arrivait à l’angle du passage du centre Béthanie et couvrait toute la maison Dumont (n°19 de la rue Jean Morel).

Imaginons ici l’arrivée des voyageurs en provenance de la gare…

Ce plan révèle l’ampleur du projet imaginé par la municipalité. Loin de se limiter à l’aménagement d’une rue existante, il prévoit la création d’un nouvel axe traversant plusieurs propriétés privées afin d’établir une liaison directe entre le cœur de la ville et la gare. L’avenue projetée ne répondait pas seulement à un besoin de circulation : son tracé rectiligne traduisait également une volonté d’offrir une perspective reliant directement le centre de Charlieu à la future gare.

Les nombreuses parcelles figurant sur le plan témoignent des acquisitions foncières nécessaires à cette opération. Le document met également en évidence le soin apporté à la conception de la nouvelle avenue, dont le profil en long fixe avec précision les dimensions, les pentes et les altitudes.

Le projet présenté en 1884 ne fut cependant réalisé que partiellement. La section comprise entre la gare et le boulevard Thiers fut ouverte, tandis que le prolongement prévu jusqu’à la place Saint-Philibert resta à l’état de projet.


À voir aussi dans cette rubrique :

Page créée le 10/07/2026 — Dernière mise à jour le 10/07/2026